Une vie en altitude… Leh, Ladakh, 3500m au-dessus du niveau de la mer

Loin de l’Inde tourbillonnante qui ne semble jamais dormir, le Ladakh semble être une enclave préservée et hors du temps.
Le « petit Tibet » tranche avec le reste de l’Inde par ses incroyables paysages minéraux, et ses habitants, de culture, religion et langue tibétaines.
L’été, la population de Leh passe de 22 000 habitants, à plus de 200 000… Spot prisé par les trekkeurs, le Ladakh se développe rapidement depuis quelques années.
Pourtant les habitants de la ville semblent vouloir préserver leur culture et entretiennent la vieille ville historique en rénovant d’anciennes maisons ladakhi traditionnelles.

A life in altitude … Leh, Ladakh, 3500m above sea level.

Far from swirling India that never seems to sleep, Ladakh seems to be an enclave preserved and out of time. « Little Tibet » contrasts with the rest of India by its incredible mineral landscapes, and its inhabitants, with a culture, religion and Tibetan language. During summertime, the population of Leh increases from 22,000 inhabitants to more than 200,000 … Important trekkingspot, Ladakh has been growing rapidly in recent years. Yet the inhabitants of the city seem to want to preserve their culture and maintain the historic old town by renovating old traditional ladakhi houses.

Leh, capitale du Ladakh.
Leh, capital of Ladakh
Leh, la veille ville.
Leh, Old town
Tsemo, château et monastère dominant la veille ville.
Tsemo Castle, above Leh old town
Leh, Le Palais du Roi.
Leh Palace
Leh, maison ancienne traditionnelle.
Leh, old traditional house
Leh, Stupa, l’une des portes de la ville.
Leh, one of the city gate
Panorama de la ville de Leh et du Palais.
Leh Panorama with the Palace
Femmes ladakhi apprêtées dans le costume traditionnel.
Ladakhi women dressed with traditional costumes for a ceremony
Le tir à l’arc fait partie des sports traditionnels ladakhi, présent à tous les festivals
Archery is part of Ladakhi traditional sports, present at all festivals
Femmes ladakhi portant le Perak, coiffe traditionnellement utilisée dans les mariages. Le nombre de rangées de turquoise indique le degré de richesse de la famille.
Ladakhi women wearing Perak, headdress traditionally used in weddings. The number of rows of turquoise indicates the degree of wealth of the family.
Vue de Leh depuis le Shanti Stupa, sur la route menant au col du Khardung La, 5 359 m, passage vers la vallée de la Nubra.
View of Leh from Shanti Stupa, on the road to Khardung La Pass, 5359 m, way to the Nubra Valley.
Le Château Tsemo, et le Monastère de Leh, vue du Shanti Stupa.
Tsemo castle and Monastery, view from Shanti Stupa.

Le bâtiment dans lequel j’ai eu la chance de travailler : le Lamo, Ladakh Arts Media Organisation date du 17e siècle, il se situe à quelques enjambées du palais du Roi qui abritait autrefois le Secrétaire du Roi du Ladakh, dans les hauteurs de la vieille ville. Ce bâtiment a été rénové sur l’initiative d’une femme originaire de Bombay, spécialiste des textiles indiens et ladakhi­.
Le Lamo a été rénové durant 5 ans, en respectant la tradition architecturale ladakhi. La cuisine, d’époque, abrite encore le four en pierre de plus de 400 ans. Aujourd’hui c’est un centre d’art contemporain qui expose de jeunes artistes locaux talentueux, des conférences, des ateliers, des concerts…

The place in which I had the chance to work: the Lamo, Ladakh Arts Media Organization has been built in the 17th century, it is within walking distance of the King’s Palace which once housed the Secretary of the King of Ladakh, in the heights of the old City. This building was renovated on the initiative of a woman from Bombay, specialized in Indian and Ladakhi. The Lamo has been renovated for 5 years, respecting the ladakhi architectural tradition. The kitchen still houses the stone oven over more than 400 years. Today it is a center of contemporary art that exhibs young talented local artists, conferences, workshops, concerts…

LAMO. Ladakh Arts Media Organisation
Depuis la terrasse supérieure, vue sur le Palais.
From the upper terrace, view on the Palace.
2nd étage du Lamo, salle de travail et bibliothèque.
Lamo second floor, work room and Library
Concert de musique traditionnelle ladakhi au Lamo.
Traditional ladakhi music concert at Lamo.
La cuisine et le four traditionnel en pierre.
Kitchen with the traditional oven.
Salle d’exposition au rez-de-chaussée.
Exhibition room, ground floor

Le Temple de Shaolin, entre spiritualité, arts martiaux millénaires et marketing…

Shaolin, temple du Kung Fu, mais aussi site d’attraction touristique emblématique, attirant chaque année des milliers de visiteurs.
On peut y ramener des centaines de souvenirs aux échoppes bordant le temple, des tenues complètes de moines…
La ville voisins, Dengfeng, abrite quelques 60 écoles de kung fu.On peut voir dans la brume matinale, courir des milliers d’enfants et d’adolescents dans la ville endormie, et jusque sur les hauteurs de la colline, où se trouve la grotte dans laquelle serait venu méditer un moine indien, Bodhidharma neuf années durant. Il aurait développé l’enseignement des arts martiaux après avoir constaté l’affaiblissement des moines du temple, à travers des techniques pour développer le corps et l’esprit. Il serait à l’origine du temple de Shaolin.

Les parents y envoient de très jeunes enfants, dans l’espoir de les former à l’art du Kung Fu, les plus brillants, ou chanceux, verront leur nom au générique de quelque film chinois d’arts martiaux, ou dans la troupe des « Moines de Shaolin » qui se produit dans de nombreuses tournées à travers le monde, d’autres espéreront, au mieux, trouver un travail de gardien de parking ou de centre commercial.

Il était un petit navire

Le sud de l’Inde, très prisé par les touristes, en particulier le Kerala est une région luxuriante de la côte Ouest, qui borde la mer d’Arabie et regorge de forêts verdoyantes de cocotiers, et de canaux, où des dizaines d’agences touristiques locales proposent aux touristes des nuits et des excursions de rêve à bord des houseboats, bateaux traditionnels conçus à base de fibre de coco et de bois, alliant luxe et romantisme.

Loin des sites touristiques, se trouve la petite ville de Beypore, renommée depuis plus de 1500 ans par delà les mers grâce aux chantiers de constructions de bateaux de pêche et de croisière mais surtout les gigantesques vaisseaux en tek, les Uru, dont la renommée perdure jusqu’à aujourd’hui.
Le savoir-faire des constructeurs d’Uru est reconnu jusqu’au Moyen-Orient.
Ces géants flottants servaient autrefois au transport des épices et de la soie, aujourd’hui ce sont de luxueux yatchs et des restaurants flottants.
Les ouvriers formés à travailler sur ce type de bateaux sont appelés Khalasis. Ils construisent les Uru de façon traditionnelle et ancestrale, sans l’aide de machines sophistiquées, et surtout sans plans de construction. Leur précieux savoir-faire a survécu aux nouvelles technologies…

Sur les pas d’Alexandre-le-Grand

Les Brokpas, un peuple aux origines mystérieuses qui descendrait des troupes d’Alexandre-le-Grand.
Les soldats se seraient perdus aux confins du Pakistan, et s’y seraient arrêtés avant de descendre le long de l’Indus pour finalement s’établir au Ladakh, dans la région du Jammu et Cachemire, au nord de l’Inde, le long de ses rives.
De tradition animiste, ils continuent de pratiquer leurs rites ancestraux lors de fêtes, de rites funéraires et religieux, malgré une conversion au Bouddhisme voila quelques 400 ans, religion qu’ils pratiquent quotidiennement, sans pour autant en comprendre toutes les subtilités, de leur propre aveu.
Peuple de tradition orale, les chanteurs sont les passeurs indispensables de la transmission de la culture Brokpas. A travers leurs chants, ils racontent leurs migrations et leur histoire au fil des siècles.
Ils célèbrent leur culture à travers des chants et des danses, une fois par an, au mois d’octobre, selon le calendrier lunaire et la fin des moissons, avant l’hiver.
La grande fête de Bonona rassemble alors les habitants de tous les villages, qui revêtent leur plus beau costumes et rivalisent d’élégance.
Les femmes sont parés de bijoux finement ciselés, de turquoises et de perles et coiffées de multiples tresses.
Les hommes comme les femmes portent d’impressionnantes coiffes surmontées de fleurs, en particulier leur fleur emblématique, l’Alkékenge, également appelée amour-en -cage.